Il ne faut pas confondre vide parfait avec rangement bien fait...



« Chounn demanda à Tcheng : Le Principe peut-il être possédé ? — Tu ne possèdes pas même ton corps, dit Tcheng; alors comment posséderais-tu le Principe ? — Si moi je ne possède pas mon corps, fit Chounn surpris, alors à qui est-il ? — Au ciel et à la terre, dont il est une parcelle, répondit Tcheng. Ta vie est un atome de l’harmonie cosmique. Ta nature et son destin sont un atome de l’accord universel. Tes enfants et tes petits-enfants ne sont pas à toi, mais au grand tout, dont ils sont des rejetons. Tu marches sans savoir ce qui te pousse, tu t’arrêtes sans savoir ce qui te fixe, tu manges sans savoir comment tu assimiles. Tout ce que tu es, est un effet de l’irrésistible émanation cosmique. Alors qu’est-ce que tu possèdes? » Li Tse traité du vide parfait. Ce texte incroyable est à méditer mais peut occasionner des angoisses existentielles! Car nous ne sommes rien, nous ne nous appartenons pas. Nous sommes l’émanation du ciel et de la terre et nous ne pouvons en comprendre les buts ni les commencements. Alors nous voilà servis car que faisons-nous ici, sur cette terre? Les philosophes répondent que nous devons nous poser la question du pourquoi. Les scientifiques nous expliquent le comment. Mais nous les humains, ceux avec une once de liberté qui ne veulent pas que l’on pense pour eux, qu’en disent-ils? Que pensez-vous de ce passage sur ce sol pure émanation du mariage céleste et terrestre? Et bien la pensée pragmatique de Tchouang Tse, divin taoïste peut nous aider à trouver un rai de lumière dans cette obscure opacité ténébreuse. VIVONS! Dans ce mot il y a l’anagramme du mot OVINS, ce que nous ne devons pas être. Etre libre c’est expérimenter les interdits, transgresser les règles établies pour les masses trop terrestres, trop matérielles trop moutons. Dans ce mot il y a l’anagramme de OVNIS, ce que nous ne devons pas être. L’humain est ici, sur cette terre et n’appartient de son vivant à aucun autre monde. Il doit s’affuter avec ce qu’il a autour de lui. Ne pas appartenir à ce monde c’est se retrouver perdu, seul, égaré dans un labyrinthe totalement virtuel, résultat de nos angoisses existentielles. Vivre c’est tenter de s’approcher de ce qui vous plaît, au fond de vous. Non ce que la société attend de vous. Nous n’appartenons pas même à nos parents. Satisfaire ce qu’ils eussent voulu qu’ils soient est tout simplement un enfermement, une castration temporelle et spatiale. Où est votre libre arbitre terrestre? S’aventurer dans des chemins complexes, découvrir les peurs, les joies, les choses qui coulent de source et celles qui se tarissent dès les premiers instants. La vie est rebondissement. Elle est une onde qui nous porte mais que nous enrichissons par nos transgressions. Osez balayer l’ordinaire. Osez expérimenter, car nous sommes dans un univers malicieux, qui nous montre que lui aussi explore tous les possibles. Vivre c’est un hasard du temps, rencontre improbable de deux personnes qui, au cours débats fugaces et violents (espérons-le!) nous ont conçu. Mourir c’est obéir à la nature. Il nous reste à comprendre que mourir n’est pas disparaitre à tout jamais, mais bien de se renouveler comme la nature nous l’enseigne au travers des quatre saisons. Alors, buvons, chantons, dansons, et surtout émerveillons-nous de cette chance fabuleuse que le hasard ait bien voulu nous faire découvrir cette étape soumise aux forces chthoniennes.

Bon Vent J.Motte


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