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De la sexualité à la spiritualité

IL NE FAUT PAS CONFONDRE ALEA JACTA EST ET EJACULER...

Dans un des post, j’ai lu qu’une personne n’arrivait plus à éjaculer et cela le rendait très mal.

Le mot éjaculer mérite un détour vers son étymologie. Il vient de jacio (jeter) qui signifie aussi darder, répandre.

Le mot darder vient de daroth, une ancienne arme de jet comme un javelot.

Darder ses rayons signifie projeter les rayons. Mais le dard est aussi l’argot du pénis attribut masculin qui darde son javelot plus ou moins orgueilleux.

Le sexe et la guerre sont souvent accolés. Faire la guerre c’est tuer et violer. C’est d’un côté ôter la vie et de l’autre obéir à une sorte d’instinct de survie en violant pour procréer et préserver l’espèce, l’engeance.

Revenons à éjaculer qui est en fait projeter et répandre. Ne parle t-on pas de semence? Ici l’homme tente encore une fois d’obéir à un fond extrêmement lointain, ancestral de survivre donc de se nourrir. La semence, c’est le semeur dans les champs, c’est l’espérance de manger et de vivre.

Alors tout déséquilibre lié à l’éjaculation implique l’incapacité de survivre de perpétuer « mes »gènes. Je deviens une terre infertile et stérile. Mais aussi, puisque sexe et guerre sont les avers revers d’une même pièce, je n’ai plus la capacité de guerroyer, je deviens faible. Terrible « émasculation » dans un monde ou il faut faire montre de qualités combatives et en même temps qu’être un séducteur pour ne pas dire harceleur.

Certes nous sommes des animaux et l’on ajoute souvent le mot évolués. Supposons cela vrai. Alors le mot évoluer prend le sens de dépasser le stade de l’animalité afin de se parfaire dans notre humanité. Etre humain… pose là encore de facto, qu’il y a des êtres non-humain. C’est tout ce qui vit et qui nous entoure. L’herbe, la montagne, l’arbre, l’amibe, en sont des exemples. Mais nous nous avons la charge d’être humain. Quand nous sortîmes de terre, fait de glaise, « On » nous fit des mains. C’est de ces mains que nous devînmes humain « eut main ».

La main est faite pour la caresse, pour découvrir le monde, pour l’arranger avec respect et douceur à notre volonté. La main et son pouce opposé qui nous a permis cette merveilleuse conquête de la nature.

Mais la peur archaïque et ontologique de la mort et de penser que nous puissions disparaître nous à fait perdre toute conscience. Le sexe de reproduction, a surgi avec violence. Et cela pose toujours et toujours la même question: pourquoi sommes-nous ici?

Si la réponse se limite à la procréation alors bien triste est notre sort.

Si la réponse est de surpasser l’autre, de l’envier, de l’écraser en s’écriant comme au Moyen-âge, A sac! A sac et viole et tue! alors bien triste est notre sort.

Si notre incompréhension du monde nous laisse entrevoir que ce qui nous entoure est la seule loi à laquelle nous devons obéir afin de saisir ce qu’est devenir un humain, alors quelle joie d’observer en silence.

Ce Monsieur qui souffre d’impossibilité d’éjaculation doit aussi penser à son idéal. Quel est-il? Nous ne nous définissons pas par notre attribut sexuel. Une femme ne se limite pas à une hystérique et un homme à la grosseur ou longueur de son pénis.

De la sexualité adolescente nous devons passer à l’affectivité de l’homme mûr pour accéder à la spiritualité.

Mais un long, très long chemin reste à faire. J’ai donné une conférence à HEC. Je fus surpris d’entendre des femmes et hommes de trente ans parler de « war room » de « l’abattre », de le « séduire ». Ce sont ces personnes là qui sont ensuite des soi-disant représentants de la France.

Quelle ironie non?

Le plus drôle c’est que le bouddhisme enseigne qu’il y a trois fléaux que l’humain doit éviter:

La haine, l’égoïsme et la cupidité. N’avez-vous rien remarqué? (H)aine, (E)goïsme, (C)upidité!

Comme quoi il y a encore beaucoup de choses à changer.

Jean Motte