Des noeuds au cerveau

Mis à jour : 13 mai 2019

Après une première semaine de stage avec de brillants élèves, il est bon de revenir à notre maître à tous, Tchouang Tse. Et laissons-nous prendre par son phrasé si particulier qui nous perd afin de mieux nous retrouver.

« Vouloir démontrer en partant de l'idée (en elle-même) que les idées (dans les choses) ne sont point l'idée (en elle-même) vaut moins que de vouloir démontrer en partant de la non-idée que les idées (dans les choses) ne sont pas l'idée (en elle-même). Vouloir démontrer en partant de cheval (en général) qu'(un) cheval (blanc) n'est pas (un) cheval (en général) vaut moins que de vouloir démontrer en partant du non-cheval qu'(un) cheval (blanc) n'est pas (un) cheval (en général). En vérité, l'univers n'est qu'une idée ; tous les êtres ne sont qu'un cheval.

Il faut bien reconnaître que celle-ci est tordue. Comme toujours, nous devons faire un effort de compréhension car notre esprit ne s’ouvre qu’à force de répétition et de travail. A ce moment là existe une réelle illumination de communication avec l’univers.

Commençons alors par la fin. Tous les êtres ne sont qu’un cheval nous met sur la voie que tout ce qui est peut prendre n’importe quel nom comme rose, jacinthe, mulet, homme ou cheval. Donc le cheval est en quelque sorte une idée de ce que nous nous faisons des choses. Ce qui nous entoure, ce qui constitue notre monde est une projection de notre pensée afin de le « concevoir ».

L’univers, quant à lui n’est qu’une idée. C’est une idée en elle-même car elle ne s’appuie que sur un concept, une croyance que nous ne pouvons appréhender par nos sens. Nous pouvons toucher, sentir, voir une fleur mais qu’en est-il de l’univers? C’est donc une idée en elle-même.

Alors Tchouang Tse nous dit ceci. Vouloir démontrer en partant de l’univers que les chevaux ne sont pas l’univers vaut moins que de démontrer qu’en partant du non-univers que les chevaux ne sont pas l’univers. Mais qu’est-ce que le « non-univers »? Et bien c’est tout ce qui n’est pas l’univers donc ce sont tous les chevaux! Donc en partant des chevaux on peut en conclure que les chevaux ne sont pas l’univers.

OUF! Pourquoi ces tournures complexes, quel en est le but ? Il est essentiel de tournebouler l’esprit car cela permet de sortir de notre zone de confort. Nous nous habituons à un langage, nous employons des mots, des expressions que nous limitons petit-à-petit à quelques-unes seulement car notre esprit est avant tout un grand fainéant. Mais un thérapeute, un philosophe, une personne qui s’exerce à la maïeutique doit apprendre à utiliser toutes les voies d’accès de communication. Nous devons apprendre à désapprendre. Accéder par la voie des 5 sens nous fait courir le risque de croire en une idée qui ne vaut pas plus que celle de croiser un cheval. Observer l’univers au travers des ondes radio et d’un télescope est, pour Tchouang Tse, une perte inestimable de temps vers le chemin de la sagesse. Car nous ne pourrons comprendre la profondeur de l’univers par nos sens, seul l’esprit peut y accéder. Et pour cela il doit s’entraîner sa vie durant à « voir » le non-univers, le non-cheval, le non-être, la non-idée. Mais que signifie une non-idée. Est-ce le contraire d’une idée? Non, c’est tout simplement ce qui n’appartient pas à l’idée, et ce qui en est le paradigme et bien c’est tout simplement l’être! Etre, c’est ce qui est (c’est la définition la plus simple). Donc l’être dans ce qu’il est en réalité est une non-idée. Le patient que nous avons devant nous, nous présente différentes facettes d’une fausse-réalité qui cache l’essence même de son être. C’est pourquoi nous insistons tant au centre Imhotep sur l’observation de tout ce langage caché qui permet de comprendre, cibler et parfaire notre traitement et ceci avec un minimum d’aiguilles. Nous ne soignons pas un patient mais un non-univers qui se matérialise le temps d’une étincelle d’une vie dans un non-être.

Bon Vent

J.Motte

www.centre-imhotep.com




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