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Il ne faut pas confondre les règles avec les règles!

Une liste à la Prévert pourrait entamer ce billet ainsi:

Aménorrhée, dysménorrhée, ménorragie, métrorragie, hyperménorrhée, hypoménorrhée… Que de mots savants pour les règles parfois déréglées.

Les règles ou encore les menstrues (du latin mens, le mois) mot qui démontre bien que la femme se retrouve avoir des écoulements environ tous les 28 ou 30 jours, d’où le terme « avoir ses lunes » car le cycle de cette dernière est de 29, 53 jours.

Les règles, pour rester simple, permettent au corps de se nettoyer. L’utérus se modifie afin d’accueillir un ovocyte qui sera ensemencé. Mais si cela ne se fait pas, alors l’utérus se contracte , chassant les restes d’une muqueuse modifiée ainsi que l’ovocyte non fécondé. Donc un vrai nettoyage au naturel.

Les règles c’est aussi la discipline. C’est une organisation structurée qui peut empêcher la femme de se sentir libre.

Aujourd’hui la femme ne désire plus de règles parce que le monde dans lequel non vivons est aseptisé. La norme est le pivot de l’organisation. Les règles deviennent ainsi tabou. Elles sont cachées, taries, hormonalement asséchées afin de tendre vers une absence totale d’écoulement.

La femme se sent alors, libre de son corps, de cette règle régulière imposant une discipline supplémentaire alors que déjà, il y en a tant. Mais se faisant, elle enferme en elle ce flux qui devait sortir. Ce nettoyage salutaire n’existe plus. Cette liberté recherchée se traduit par des pathologies internes. Des problèmes circulatoires comme des varices, de la tension, de la fatigue chronique et cet état émotionnel qui persiste malgré l’absence d’écoulement. L’énervement n’est plus hystérique mais flegmatique selon la terminologie médicale hippocratique, c’est-à-dire plein de lymphe, d’humidité qui entraine rapidement la patiente à avoir des extrémités froides et violacées.

Je parlais un peu plus haut du caractère tabou des règles. Qu’est-ce que le tabou? Il désigne, dans la littérature ethnologique, une prohibition à caractère sacré dont la transgression est susceptible d'entraîner un châtiment surnaturel.

Comprenez-vous le principe? La femme comme l’homme sont sur la voie de l’asexué. L’homme s’épile, se rase, se féminise tout en gardant un zeste de virilité en se faisant pousser la barbe, forme archaïque de l’homme ancestral (sans parler du mimétisme aux joueurs de football) ...

La femme quant à elle, « s’homasse », se masculinise dans ses traits, met des pantalons moulants interdisant ici encore de porter serviettes ou autres protège-slip pour les écoulements « impurs ».

Les règles deviennent un acte « salissant » ramenant la femme à un esprit uniquement soumis à ses hormones.

Et si la femme, décide de reprendre possession de son corps, c’est le monde médical qui la traite de « bobo bio » insulte suprême montrant encore une fois l’image d’un femme qui s’attire simplement les foudres de la normalisation.

Bref le monde marche parfois un tantinet sur la tête. Et comme tout ce petit monde obéit sans renâcler à la vésicule biliaire, il devient nécessaire si ce n’est urgent de faire le 5 VB XuanLu ( GB-5 ) qui a dans sa graphie une tête de chef les cheveux vers le bas, se qui se traduit par « modèle à ne pas suivre ».

Je suis un inconditionnel de Tchouang Tse. Et celui-ci nous invite à placer notre regard à l’infini. Car une fois placé ainsi, tout devient indéterminé. Et, c’est à ce moment que commence la compréhension du Vrai.

Les femmes et les hommes se doivent d’être ce qu’ils sont. Mais au fond, tout cela a t-il une importance? Oui si nous pensons que chacun d’entre nous est le miroir de l’autre. Non si dans un spasme désespéré de nihilisme nous ne voyons que l’obéissance à une norme qui nous conduit à vivre le rêve d’une vie meilleure plutôt que d’être acteur d’une vie de rêve.

Jean Motte


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