Yi King et acupuncture.

Dernière mise à jour : juin 4

Voici une présentation simplifiée que j'avais montrée et décrite à Saint Jacut afin d'expliquer la rencontre du Yi King et d l'acupuncture. Au carrefour de ces deux magnifiques trésors il y a la résolution des conflits. Merci à G. Saby d'avoir enregistré et recopié toute ma présentation.

Un USAGE du YI JING en ACUPUNCTURE

JEAN MOTTE


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ATELIER N° 1(sur 4)

Congrès TONG REN 2019

Méthodes Traditionnelles de Santé Chinoises

Retranscription : Georges Saby

Bonjour, très heureux d'être avec vous et de partager cette technique un peu particulière.

Commençons avec un petit historique, l'acupuncture telle qu'elle existe et telle qu'on la pratique aujourd'hui, n'était pas exercée ainsi à l'époque antique. Les praticiens étaient des guérisseurs en fin de compte, qui vivaient isolés du clan. Le guérisseur était tellement en Harmonie avec la nature que son souffle, son Qi était le Qi de la Nature. Le consultant qui pouvait être malade, avoir des maux, des plaies ou des problèmes existentiels (qui n'étaient peut-être pas si nombreux à l'époque), venait auprès de chamanes. Il s'agissait bien d'un chamane. Celui-ci soufflait dans un « Sheng », un instrument de musique encore présent dans la musique chinoise. Il est constitué de tuyaux sonores de différentes longueurs, au sein d'une calebasse. On l'appelle aussi le Phénix rouge parce que les roseaux et la calebasse étaient rouges. Le phénix rouge comprend 9 tubes sonores d'un côté, et 9 de l'autre. Le chamane au moment de la fête du printemps donc près du 4 février, soufflait dans le sheng pour avoir la note de l'année, qui allait donc faire référence. Lorsqu’un consultant venait, il soufflait dans le sheng, si la note était trop basse, il allait avoir besoin d'exercices ou d'activités qui le remontent au niveau de son Qi, il avait donc besoin alors d'être dynamisé, et si le son produit était trop haut, il fallait qu'il soit atténué. D'où déjà à cette époque la présence de l'idée d'augmenter ou diminuer, tonification ou dispersion du Qi.

Le souffle, le Qi, je l'expliquais hier à mes confrères et consœurs, lorsque l'on respire, il faut bien avoir conscience que notre air est de la lumière transformée par le monde végétal. Les plantes transforment notre air. Nous respirons donc de la lumière. Comprendre cela est important si l'on veut faire une acupuncture un peu ancienne, celle qui s'écarte de soins plutôt médicaux. Une réflexion attentive met en évidence que nous sommes des êtres de lumière. La maladie est une absence de lumière dans un endroit du corps. Il faut que cela rayonne partout et dans chaque organe.

Le corps a cette particularité d'engranger de l'information.

Nous sommes les êtres humains, constamment confrontés depuis notre naissance à notre éducation, donc à deux piliers qui sont fondamentaux, le père et la mère, même si en Chine on en parle moins. Il y a aussi la façon dont l'enfant se situe dans la fratrie. Il n'en reste pas moins que par rapport au père et à la mère ce n'est pas facile à gérer. C'est le rein Yin et le rein Yang, si ces deux piliers là sont déstructurés, et bien on va commencer un chemin de manière un peu bancale.

Tout est lumière ! Le but, encore une fois est de mettre de la lumière en chacun de nous. Cette lumière, elle peut être bloquée à tout moment, elle peut être bloquée par un événement traumatique.

Ce peut être par exemple soit la perte de quelqu'un, soit un accident, soit une séparation, bref des choses qui vont être suffisamment intenses pour que les cellules du corps humain l'enregistrent.

À partir de là on va déclencher tout un processus métabolique, qui conduira à la maladie.

Au départ, par exemple, suite à une séparation, vous allez vous tordre la cheville. Vous n'y faites pas attention, et pensez que cette cheville blessée n'a pas de lien avec cette histoire de séparation. Et bien si, s'il y a une séparation, il peut s'en suivre une entorse de cheville. Et comme on ne porte pas attention à cette entorse, petit à petit, elle va devenir une autre problématique. Elle va remonter, elle peut devenir une entorse du genou, mais aussi se mettre sur le rein, en néphrite, ou en cystite. Il reste qu'il y a toujours à l'origine d'une telle histoire une problématique cachée.

Nos piliers fondamentaux, ce sont nos parents. Tout va se construire autour de cette structure familiale, et obligatoirement le corps va engranger pour cela de l'information. Cette information est capitale à comprendre lorsque vous exprimez une maladie, obligatoirement, il y a une histoire qui s'est construite précédemment. La maladie n'est que l'expression d'une histoire non digérée ou non réparée.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu dans la résistance des matériaux ceci :

On place une poutre entre deux appuis, et on va mettre un poids sur cette poutre. Ce poids va peu à peu faire fléchir la poutre. On va tester cela jusqu'au moment ou elle va casser. A un moment donné dans le processus, la poutre va faire ce qu'on appelle des éclisses. L'éclisse est alors l'expression du symptôme. Si l'on s'occupe de l'éclisse, on fait une erreur, parce que le poids de l'histoire d'une personne, on ne peut pas l'enlever, et souvent de plus on la cache.

Le but d'un traitement en acupuncture passe par aller chercher cela, pourquoi il y a eut cette pression, et qu'est ce qui s'est engrangé dans le corps humain. Il faut résoudre cette histoire au sens alchimique. Résoudre, c'est décomposer un corps en ses éléments, c'est décomposer une histoire en ses parties les plus petites afin de s'en libérer.

Nous avons un outil faramineux pour cela : les pouls, qui sont je le pense la plus belle découverte du monde chinois. Je rappelle que lorsqu'on prend les pouls, c'est comme si on rentrait dans la cathédrale, avec respect et déférence parce que le patient va tout nous livrer même ce qu'il ne sait pas !

Imaginons que je trouve un pouls de Rate qui est vide et un pouls de Maître cœur qui est plein, vous saurez alors que cette personne est certainement amoureuse. Si je trouve un pouls de Rate qui est vide, avec un pouls de Poumon qui est vide, je sais que cette personne est dans le chagrin.

Par contre si je trouve un pouls de Rate qui est plein avec un pouls de Poumon qui est vide, je sais que ce chagrin n'est pas vrai. Dans le Huai Nan Tse il est écrit, qu'un chagrin constitué pour seulement exister, ce n'est pas un chagrin réel. Dans le même texte, il est dit même si tu es triste, même si tu pleures, les gens en rigolent, parce que ce n'est pas un véritable chagrin, c'est quelque chose de fabriqué. Vous savez tous que vous avez des patients qui construisent parfois leur chagrin pour pouvoir exister. Il faut faire une différenciation, le pouls est quelque chose d'assez phénoménal pour pouvoir justement rentrer dans la problématique du patient, c'est à dire découvrir s'il s'agit de quelque chose de construit ou de quelque chose de réel.

Le pouls a quelque chose de particulier, il nous montre aussi l'information qui est engrangée. Par exemple si vous avez un pouls vaste sans force dans la profondeur de l'artère, vous pouvez être pratiquement sûr que cette personne à fait une insolation quand elle était plus jeune. C'est la première chose que vous devez dire lorsque vous avez un pouls profond vaste : n'y a-t-il pas eut un épisode d'insolation lorsque vous aviez 7, 10 ou 15 ans ? Vous serez étonné de cette vérité.

Le pouls est donc une technique confortable, parce qu'elle va nous permettre de savoir les choses qui sont inscrites, et c'est comme cela qu'on va travailler avec le Yijing.

Avec le Yijing nous allons prendre une forme de pouls, parce que la personne a une histoire. Cela fait des années qu'elle est confrontée à cette histoire, de manière consciente ou inconsciente. Elle

peut avoir une histoire sans avoir la moindre idée sur ce que cela pourrait être. Et lorsqu'elle va poser la question, et c'est bien là qu'on va en arriver, il va falloir qu'elle la mette en mots, qu'elle l'explique, la crée, et qu'elle l'écrive.

Par exemple vous avez un patient qui arrive et qui va vous dire : dans ma vie je ne sais pas si je dois me séparer ou pas ? En fin de compte, toute l'information est déjà à l'intérieur de lui. Le Yijing n'est pas une science qui sort de l'extérieur, l'information est bien en nous, nos cellules sont déjà programmées. Je vous rappelle que nous avons un méridien, et surtout un organe qu'on appelle le Foie en lequel réside le Hun. Le Hun est un truc dingue, il voit le futur, c'est pourquoi qu'on l'appelle la mémoire du futur. Le Hun a cette particularité-là. Je prends toujours cette image pour bien l'expliquer : d'un film super 8 qu'on déroule devant une lumière. Le Hun va aller chercher aussi bien le passé, le présent et le futur, ces 3 images il les superpose. Lorsque vous vous endormez on dit que le Hun part dans le ciel antérieur, il va chercher comment vous êtes dans le ciel antérieur et lorsque vous êtes réveillé, il vous ramène l'information à la vésicule biliaire, parce que c'est elle qui est loyale, juste et prend les décisions. Je rappelle que les 10 organes prennent audience auprès de la vésicule biliaire. Donc le Hun vous ramène l'information de ce que vous devez faire ici et maintenant pour être au mieux dans ce que vous serez plus tard. Si vous êtes dans cette dynamique-là, alors on est dans le Taoïsme, c'est à dire faire ce que je suis réellement, sans se cacher, sans jouer un rôle, c'est à dire : je suis ce que je suis.

Toutes ces informations donnent les prémices de ce à quoi on doit réfléchir face au Yijing.

Nogier avait trouvé le réflexe auriculo-cardiaque. Donc si je prends le pouls de monsieur, et que je lui braque une lumière dans l'œil, alors immédiatement le pouls réagit. Il ne s'agit là que d'un rai de lumière. Imaginez l'effet d'un choc émotionnel, il va s'ancrer dans les cellules. C'est cela que l'on va utiliser, cette inscription dans les cellules et dans le corps, parce que la mémoire n'est pas dans le cerveau, elle est dans la rate, et la rate c'est la chair. Si l'on enlève l'information de la chair, alors enfin on est libre sur notre chemin. C'est toute la difficulté d'enlever cette mémoire dans la chair. C'est plus facile de travailler sur la tête en disant, il vous suffit de parler, et à un moment donné cela va se libérer. Non, la mémoire de chair est la plus difficile à traiter. C'est la Madeleine de Proust.

C'est tellement profond, enfoncé dans notre cerveau reptilien que c'est compliqué de travailler là-dessus. C'est là qu'il faut aller chercher, le Yijing va nous y aider.

UN VOYAGE AVEC ET DANS LES TRIGRAMMES

Avant d'entrer dans une démonstration pratique, je voudrais que vous fassiez une petite expérience. Je ne pense pas que le Yijing s'aborde avec le cerveau gauche. Il s'aborde avec le cerveau droit, le cerveau imaginatif. Donc vous allez poser stylos et cahiers, et tout simplement écouter ma voix.

Vous allez fermer vos yeux, et vivre un voyage avec les 8 trigrammes, et pour cela je vais vous demander de vous concentrer, de vous relâcher, de poser vos mains, dans une situation totalement confortable, de bien-être pour aller voyager à l'intérieur de vous-même. Donc vous n'allez plus entendre que ma voix tranquille, qui va vous accompagner dans un moment de réelle tranquillité, et plus vous allez respirer tranquillement et plus vous allez vous détendre. Je vous invite vraiment à d'abord bien positionner vos pieds, ressentir que vos pieds sont sur le sol. Bien relâcher vos genoux, vos hanches, c'est à dire que d'un seul coup vos hanches s'affaissent dans le siège. Vous relâchez vos épaules, vous relâchez votre poitrine, votre souffle se fait lourd, vous allez tranquillement descendre en vous-même, et on va aller explorer le premier trigramme.

1 -Le premier trigramme c'est le trigramme de la TERRE, on commence par la Terre, le voyage commence d'ailleurs comme celui de Jules Vernes. C'est un voyage initiatique. Il commence par un voyage au centre de la Terre, c'est à dire quelque chose qui est en nous. Je ne vous dis pas ce qu'est cette Terre, c'est à vous d'aller la ressentir. Est-ce qu'elle a une odeur ? Est-ce qu'elle a une odeur ? Est-ce qu'elle est agréable au toucher ? Est-ce qu'elle est désagréable ? Où est-ce que vous la mettriez dans votre corps ?

Si je vous dis le mot Terre je souhaite tout de suite qu'il s'imprime en vous, comme une image, ou bien un ressenti, ou bien un toucher. De toute façon, on appréhende l'univers par nos 5 sens. Donc c'est à vous de ressentir cette Terre. Où est-ce que vous la mettez dans votre corps, c'est très important de ressentir cette Terre dans votre corps et comment vous la visualisez ? Est-ce qu'elle est agréable pour vous, ou est-ce qu'elle peut être désagréable ? Est-ce qu'elle peut être ressentie comme quelque chose d'apaisant, ou comme quelque chose qui va vous emmener à réfléchir sur le pourquoi elle n'est pas si apaisante que cela.

2 - Une fois que vous avez bien ressenti cette Terre on va passer au deuxième trigramme, ce sont les BRUMES. Il y a un autre nom qui lui est donné le Lac. Je préfère les brumes parce qu'elles ont une symbolique un peu plus intéressante. Ces Brumes envisagez-les, vous les vivez ? Qu'est-ce qu'elles représentent pour vous ? Est-ce qu'elles sont menaçantes ? Est-ce qu'elles sont agréables ?

Est-ce qu'elles vous protègent ? Est-ce qu'elles vous entourent ? Est-ce qu'elles vous mouillent, ou est-ce qu'elles sont plutôt sèches ? Est-ce qu'elles vous bouchent la vue. Ressentez avec le nez, avec le toucher, avec les yeux. Comment est cette Brume ? Et où est-ce que vous la mettez dans votre corps ? Chaque chose à sa place, et chaque place à sa chose, donc obligatoirement la brume prend une place quelque part dans votre corps.

3 -le troisième trigramme, nous allons explorer celui du CIEL. Même chose, qu'est-ce qu'il représente pour vous ? Est-ce que le ciel est en haut ? Est ce qu'il est en bas ? Est-ce qu'il est inversé ? Est-ce qu'il est bleu ou noir, menaçant ou agréable ? Est-ce qu'il vous couvre ? Ressentez avec vos 5 sens. Appréhendez-le et voyez encore une fois où est-ce que vous pouvez l'associer à votre corps. Est-ce que vous le voyez bien, est-ce que vous le ressentez bien ?

De ces 3 trigrammes parcourus, lequel est pour le moment le plus privilégié chez vous, le plus intéressant, le plus vivant, le plus visible, le plus ressenti ?

4 -Puis nous passons au quatrième trigramme celui de l'EAU. Comment est-elle cette Eau ? Comment l'appréhendez-vous ? Vous la touchez ? Est-ce qu'elle est fuyante ? Est-ce qu'elle est agréable ? Est-ce qu'elle vous entoure ? Est-ce qu'elle est bleue, noire ? Comment la vivez-vous ? Comment la ressentez-vous ? Elle peut désaltérer ? Elle peut aussi être un danger ? C'est vous qui la ressentez, c'est vous qui la voyez, et surtout, où est-ce que vous la placez en vous ? Est-ce qu'elle est à l'intérieur de vous-même ? Est-ce qu'elle est à l'extérieur ? Est-ce qu'elle est devant dans votre poitrine, aux pieds, aux genoux ? Laissez votre imagination totalement fertile découvrir l'endroit.

Il n'y a pas de solution. C'est juste encore une fois votre cerveau droit qui sait ou est-ce que vous devez aller avec l'Eau. Comment est-elle agréable ou pas ?

5 - Puis nous explorons la MONTAGNE. La Montagne,...très bien....ressentez cette Montagne qui d'un seul coup vous donne une inspiration quelque chose que vous devez ressentir. Une image doit faire écho. Remarquez que je ne vous donne absolument aucune image, je voudrais que ce soit vous qui la créiez. Qu'est-ce qu'elle représente ? Est-ce qu'elle est lourde ? Est-ce qu'elle est légère ? Encore une fois est-ce qu'elle est dangereuse ? Est-elle menaçante, ou bien totalement libératoire, voire même s'ouvrant au haut monde extérieur, car si l'on monte en haut... Est ce qu'il y a de l'oxygène, peut-être pas assez ? Et où est-ce que vous la mettez la Montagne ? Là encore est-ce que c'est dans une épaule, dans votre tête, dans un œil, dans votre corps, dans un organe ? Vivez la Montagne, soyez la Montagne disent les taoïstes !

6 - Puis nous allons passer au TONNERRE.

Il est actuel, on l'attend, on veut le vivre, il est le printemps. Comment le ressentez-vous ce Tonnerre ? Comment le percevez-vous ? Comment vous l'accaparez-vous ? Comment le tenez- vous ? Comment l'imaginez-vous ? Laissez courir encore une fois tout votre cerveau droit, n'ayez aucune limite dans ce que vous allez pouvoir penser.

Au contraire laissez-vous partir même loin, soyez fou, parce que le tonnerre c'est aussi ça, c'est aussi cette capacité à dépasser ce que nous sommes, et où le mettez-vous ? C'est une naissance ? Comment le ressentez-vous ? Encore une fois, est-il bénéfique, annonce-t-il quelque chose de libératoire ou bien est-il dangereux, menaçant ?

7 -Et puis nous arrivons au VENT. Comment l'imaginez-vous ? Dès qu&#