La Fatigue au travers de l'Acupuncture traditionnelle

Bonjour ! Quel est votre motif ?

- Je suis fatigué… Je n’en peux plus.😩


Ah ce motif de consultation redondant en Acupuncture traditionnelle. Mais au fait, que se cache-t-il sous ce terme de fatigue ?


Le latin nous donne une interprétation tout à fait honorable.

De fatisco, se fendre, s’ouvrir.

Donc, être fatigué, c’est signifier que notre esprit, notre âme ou notre corps s’entrouvre et qu’il laisse échapper sa substantifique moelle.

Notre fameuse et Ô combien essentielle énergie vitale.

Cette essence telle qu’elle est décrite dans le So Wen, n’est pas comme certains peuvent le penser l’énergie Yuan Tchi mais l’essence Yang.

Une essence subtile extrêmement ténue qui obéit aux montées et descentes des énergies climatiques.

Ceci est complexe et n’a pas sa place dans ce billet.


Ce qui nous interpelle c’est évidemment cette notion d’ouverture, comme une fissure. Il y a une fuite et celle-ci se présente sous le symptôme d’une fatigue.

Imaginez un peu un réservoir bien étanche où circule librement une énergie tellement éthérée que l’on peut l’assimiler à de la lumière. Et puis d’un coup il y a une percée, un trou qui fait fuir cette lumière. Alors le corps abaisse son énergie en deçà du seuil autorisé et nous nous retrouvons affaibli.

Qu’est-ce qui peut bien corrompre les trois corps (le corps, l’âme et l’esprit) au point de l’entrouvrir ?

Le So Wen au chapitre 1 nous le dit bien : « ne pas faire de travail fatigant et inutile ».

Fatigant car cela lèse le rein.

Inutile car cela lèse le Cœur.

C’est donc notre verticalité qui ne l’est plus.

Alors le dos se voûte. La tête penche en avant et nous ne regardons plus le ciel ou les astres. Nos pieds deviennent le centre de notre intérêt et pour les plus anxieux, ils arrivent

à leur nombril, source de nombreux problèmes d’égocentrisme et donc de désir et d’être envieux.

Et lorsque l’on va un peu plus loin dans l’expression latine « fatisco » on apprend que cela signifie aussi casser les pieds !

La fatigue trouve une première faille dans notre voûte plantaire qui se fissure et n’est plus en contact avec notre terre mère.

Marcher pieds nus sur de la terre serait une bonne étape vers notre cicatrisation. C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsque vous êtes en vacances. Les pieds se libèrent de leur carcan et marchent « peti peton » sur les galets ou les sables rugueux. Nous humons l’air et nous nous redressons.

Malheureusement les patients que nous avons en consultation n’ont pas tous la chance d’avoir le métier que je pratique depuis si longtemps. Souvent ils ne voient pas l’utilité de leur travail et en quoi cela les épuise.


Pour résumer, nous voyons bien que la fatigue montre des personnes sans lumière et pour certaines pratiquement même éteintes. Cette fatigue nous décentre de notre axe de verticalité et la fuite commence aux pieds.

Du pied au cœur, il n’y a qu’un pas, celui de l’inutilité. Nous devons donc trouver dans chaque action une explication nous faisant découvrir l’intérêt de la tâche.


Enfin, cette essence, cette lumière éthérée en nous est inaltérable et inépuisable du point de vue de l’univers mais tarissable dans l’être humain. Le So Wen est précis : « lorsque le Yang meurt, le Yin se cache aussitôt ». C'est le Yin principiel c’est-à-dire une lumière non dualiste comme l’est la lumière solaire. Elle précède l'essence Yang du corps humain puisqu'elle est celle qui constitue l'univers dans sa totalité. Et les taoïstes de renchérir dans les 81 chapitres du Tao Tö King. « L’être qui est entre le ciel et la terre ressemble à un soufflet de forge qui est vide et ne s’épuise point, que l’on met en mouvement et qui produit de plus en plus. » Comprenez que l’humain est là afin de mettre en mouvement cette essence subtile grâce à l’énergie de chaleur enfermée dans ses reins. Que cette dernière s’épuisera au fil des années conduisant à la mort alors que cette essence, elle, se diluera dans l’espace céleste et mystique qu’est l’univers, attendant de s’unir de nouveau au travers d’un nouveau soufflet de forge.

Une seule façon dès lors de se ressourcer et de maintenir cette essence en nous : vivre un présent le plus près possible de ce que nous sommes au plus profond de notre être, en confiance et sérénité.


Pour finir sur une note alchimico-aviaire (alchimie + langue des oiseaux) notre quête va des pieds à la tête. Les pieds carrés comme la terre et la tête ronde comme le ciel. Le pied s’entend (le PI EST) donc il y a le nombre PI et cela nous conduit à la tête ronde comme le ciel. Mais la mesure de de la circonférence de ce ciel en mathématique c’est π x D. D est le diamètre (DIT A MAITRE). Et le maître ou l’empereur est le cœur! Ainsi nous passons du pied à la tête comme nous l'est indiqué le caractère TAO ci-dessous (à gauche le caractère pied, à droite celui de la tête d'un chef!



afin de nourrir notre coeur. Le Tao c'est agir avec circonspection afin que le coeur ne soit pas saisi par la surprise ou l'effroi. De plus, le coeur ne doit pas succomber aux désirs qui l'épuisent. Il doit être à la place qu'il occupe, celle d'un empereur en quête de son Ming, de sa destinée et répondre ainsi à la question: qui suis-je?


La rate est le centre et comme le dirait Nietzsche « un centre partout, une circonférence nulle part ». La rate c'est donc nous, nous sommes le centre de l’œuvre. Et dans le silence de sa position centrale entre le pied et la tête, elle imprime au cœur la seule loi afin de tracer les contours infinis de l’univers, celle de l’amour (L’ÂME AOUR= L’ÂME DE LA LUMIÈRE).

Notre axe de verticalité est mathématiquement démontré ! Des pieds à la tête en passant par le centre la rate selon une loi d’amour (le cœur) afin de connaître l’univers et les dieux!


Ce texte est extrait d’une émission radio : Le point qui pique

Des émissions que vous pouvez encore écouter sur Radio Médecine douce par ce lien





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