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Les pouls en acupuncture traditionnelle


L'époux, les pouls, les poux....

S’il y a bien une difficulté parmi les quatre-vingt-une existantes, c’est celle des pouls. Chacun y va de sa compréhension et cela est bien normal. D’icelui parle de Wang Chou Ro, d’icelle de Li Tche Tcheng, cet autre de Lavier et en fait tout le monde a ses raisons et c’est très bien. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’avoir suffisamment pris de pouls pour en discuter. Les anciens disaient avec vérité, qu’il faut avoir pris six mille pouls pour commencer à discuter. C’est bien entendu car sinon on est confronté à l’absence de ressenti et en plus de critères de jugement qui sont difficiles à passer. Je me souviens d’une personne sur FB qui, lorsque nous avons parlé du pouls dicrote, a répondu « dit crotte ». C’est évident que ce niveau ne permet pas toujours l’échange.

Un acupuncteur qui ne prend pas les pouls n’est pas acupuncteur. Il est tout ce que vous voudrez mais pas acupuncteur. Il faut souvent marteler afin que les choses entrent dans l’esprit des gens. Le pouls, au-delà de la forme est aussi un moment d’échange d’énergie entre le patient et le thérapeute. Cet état presque méditatif permet d’éveiller l’imaginaire aux descriptions très « imagées » justement, faites par les chinois anciens. Prenons d'ailleurs le dicrote. Il est dit aussi « tige de ciboule ». Il faut donc prendre une tige de ciboulette et de palper celle-ci pour comprendre avec le ressenti et non avec la raison. Il y a toujours le Yin Yang partout. Le pouls n’en est pas exempt. Le Yin, c’est dire qu’il est creux au centre avec des flancs. Le Yang, ressenti c’est vraiment sentir se vide au centre de moi-même. Mais cette forme là est simple. Des formes plus complexes comme le pouls amolli ne peut se concevoir sans connaître la chrono-puncture puisqu’il s’agit de savoir si l’attaque vient de Tae Yang Froid ou de Chao Yin Chaleur. Et cela nous amène à connaître l’élément fondamental et accessoire et la partie centrale. Il est aisé de trouver des pouls tendus ou encore glissants. Mais il faut avoir de l’art pour commencer à percevoir un pouls superficiel dans les foyers supérieurs. Et oui, combien de fois des élèves l’ont raté simplement par une pression trop forte ou encore un mauvais placement des doigts. Quant au déplacement latéral de la barrière, technique la plus juste pour savoir avec certitude s’il y a attaque de xié externe, elle est essentielle à une pratique rigoureuse.

Tout cela pour dire que les pouls restent un élément fondamental de notre pratique et mérite, de la part des professeurs, de constamment se perfectionner pour ajuster et affiner son ressenti. Mais rien n’empêche de « discuter » sur tel ou tel pouls ou encore sur les différentes méthodes. De toute façon il n’y aura de vérité, seulement que sur la théorie (et encore) mais pas sur le Yang, l’indescriptible, l’échange, celui qui pose ses doigts sur ce tronçon d’artère et qui va percevoir le battement de tout l’univers qui est en face de lui.

Aujourd’hui les élèves apprennent les 28 formes de pouls. Ce nombre n’est pas anodin puisqu’il représente les 28 sieou mais aussi le nombre triangulaire 7 ( 7+6+5+4+3+2+1). C’est ainsi que les 7 étoiles de la grande ourse agencent les 28 sieou. Mais il fut une époque où chaque école avait des pouls secrets et leur nombre devenait illimité! Contentons-nous de connaître ses vingt-huit formes parfaitement, sur le bout des doigts. Jamais une expression n’a été aussi vraie!

Bon vent.

Je vous invite à voir ou revoir deux posts concernant le sujet

La prise de pouls en acupuncture traditionnelle ici


le pouls "dicrote" ici


Le 20/03/2020 sur Radio Médecine douce dans l'émission "le point qui pique", je vous propose une description succincte des pouls et leurs origines : Accédez au point qui pique (émissions et podcasts)








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