Il faut toujours "parler" au Chen du patient.

Ce postulat reste souvent suffisamment obscur pour que les professeurs le néglige. pourtant, après quarante ans et plus de pratique, cela s'impose petit-à-petit comme le plan essentiel à un traitement complet.

Pour le comprendre il faut définir ce qu'est le Chen et comment on "lui" parle.


Le Chen, c'est la conscience supérieure souvent traduit par esprit. Composé de deux caractères dont celui de gauche signifie culte, rite religieux et celui de droite état, exprimer. Ainsi la conscience est-elle la manifestation, l'expression d'un rite ou culte. Pour nous, acupuncteurs, nous ne sommes pas dans le culte religieux mais plus dans celle du rite. Nous devons ainsi ritualiser notre séance dès l'instant où le patient entre à celui où il sort. L'acupuncture règle le Tchi (souffle) et le Tsing (essence). Mais l'acte rituel, les paroles dites, l'attitude et le rayonnement d'amour sont les attributs qui nourrissent le Chen.


« Le corps abrite la vie, les souffles en sont l'abondance, les esprits la dirigent. Une des entités perd-elle sa position, les trois en pâtissent (Chen, Tchi, Tsing)» Huai nan zi ch 1


Mais qu'est-ce qu'un acte rituel? Ici nous touchons la limite qui nous sépare de l'acupuncture médicale ou bien de la M.T.C, car l'acte de l'aiguille est de nature alchimique ou transmutatoire. L'aiguille est comme une "interférence" dans le plan vibratoire de la maladie.

Imaginez l'exercice de pensée suivant: vous êtes devant une bassine d'eau dans laquelle est plongé un diapason électrique. Tant qu'il ne fonctionne pas l'eau est calme, c'est l'état de santé. Si un déséquilibre se manifeste comme un traumatisme émotionnel ou physique, alors le diapason s'active faisant vibrer toute la masse de liquide qui symbolise notre corps. En fonction du traumatisme il y aura différents diapasons plus ou moins forts. L'aiguille traduit l'énergie du cœur du thérapeute ainsi que sa pensée en une vibration juste dont la fréquence doit être aussi intense et inverse que celle du diapason positionné dans l'eau. C'est à cette condition que les deux vibrations peuvent s'annuler et que l'eau de la bassine revient à un état calme.

Ainsi, devant une déficience d'amour du patient, le thérapeute envoie une énergie (Tchi) inversement proportionnelle d'amour afin de retrouver un état de calme général. L'aiguille est l'antenne plongée dans le corps du patient qui transmute l'énergie positive du thérapeute afin qu'elle anéantisse l'énergie délétère du patient.

Pour cela, le point est un paramètre important mais aussi la tonification ou dispersion. Ces outils sont nécessaires à la bonne vibration envoyée dans le corps déséquilibré.

Est-ce suffisant? Presque car il y a aussi le Chen. Le Tchi et le Tsing sont denses et corporels. Le Chen est spirituel et donc subtil et la vibration qui peut le toucher est du domaine du rite et/ou des mots à consonance positive.

Parler au Chen est métaphorique. Nous ne sommes pas obligés de prononcer des mots. L'acte est créateur, l'attitude tout autant. Parfois, la présence vraie est aussi suffisante. Un proverbe chinois d'un maître de méditation dit ceci: " quand je bois du thé, je bois du thé. Combien d'années il m'a fallu pour en arriver là". Etre présent en plénitude permet de vibrer proportionnellement et inversement à celle du patient. C'est cela qui peut, au fil des années, épuiser, car les vibrations des malades sont de plus en plus lentes et profondes.

Quand je pique une aiguille, elle est l'aboutissement d'un lent processus de transformation en moi qui me permet de me mettre au diapason de mon patient. Son histoire, son "désalignement", sa souffrance, sa douleur, son désespoir, sont autant de vibrations parasites qui agitent son "moi intérieur". Elles s'additionnent en moi, se mettent à vibrer et c'est par une attitude juste que l'intellect trouve le chemin (le bilan énergétique) et les points importants qui vont apaiser le tumulte crée par mon patient au sein de mon propre corps. C'est alors que l'aiguille est tenue en main et devient le diapason de l'harmonisation. Tout cela contribue à communiquer avec le Chen et celui-ci le ressent car le patient se trouve alors, apaisé, serein, vidé, libéré de cette agitation parasite.


Il existe aussi les mots doux et plus encore le silence présent qui est l'art suprême pour communiquer au Chen. Le mot amour, tant et trop de fois galvaudé, est en fait simplement la capacité à être un être qui rayonne et non qui brille. Apporter de la lumière, c'est simplement travailler sur le Chen et donc être en connexion avec le Ciel. Pour cela il ne faut pas craindre de laisser une petite ouverture à l'inconnu afin qu'Il expérimente la matérialité et l'incarnation. Comme vous le savez, tout ce qui concerne le corps humain et son tissu la chair est écrit en chinois par le caractère "lune". C'est la lumière Yin qui nourrit le corps. Alors que nourrit le soleil, lumière Yang? Et oui, nous sommes d'accord, l'esprit, le Chen. Tout est vibration dans cette acupuncture traditionnelle mais malheureusement, cela s'est perdu au fil des années. Nous sommes là pour continuer à enseigner ce qui est juste et qui appartient pleinement à la tradition.


Allez, Bon Vent!!






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